Lundi 21 mai 2018

Dessin contre nature

Artiste(s): 
COMAR Philippe
Du 17-02-2018 au 22-04-2018
Lieu: 
Rez-de-jardin
Genre: 
Dessins
Résumé: 

Plasticien, scénographe, commissaire d’exposition, écrivain, professeur de dessin à l’Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris, Philippe Comar pourrait faire partie d’une catégorie d’artistes contemporains qui s’expriment dans la pluralité des pratiques. Quelquefois philosophes, parfois sociologues, souvent vidéastes, à l’avenant. Cet éclectisme partagé et revendiqué n’est pourtant pas de mise. Philippe Comar se découvre et se comprend tel un artiste érudit. Cultivé, savant, docte et, dans le même mouvement, habile. La tête, l’œil, la main. Philippe Comar est aussi, et sans doute surtout, dessinateur. Nous voilà rendu à cette pratique essentielle qui permet de saisir la cohérence de son travail et d’en mesurer l’importance. Philippe Comar rend compte du réel dans une diversité thématique où se retrouvent les déclinaisons singulières d’un voir / penser / représenter. L’ordonnance et le classement existent. Croissance et marcescence, La mesure de l’herbe, Souches, Musée de pharmacognosie, Champ de lotus, Nus féminins, Baignoires verticales, Portraits de décapités, Aquariums, Les monstres du musée Dupuytren, Machines à enfoncer des bouchons, Atelier de Rodin, La fabrique des Ménines … Les titres parlent, évoquent. Philippe Comar écrit, ne l’oublions pas. Cette évidence souveraine de la représentation n’existe que par un travail assidu, documenté sur l’art et son histoire. Refusant un postmodernisme où la citation s’apparente le plus souvent à un pesant " à la manière de ", ce travail singulier s’inscrit, non à rebours, mais dans la continuité d’une tradition assumée et renouvelée. La référence instille le doute et l’apparent classicisme de la facture suscite le vertige du regard pour mieux le capter. D’après nature donc. Certes, mais avec un indispensable point d’interrogation. D’après nature ? Dans la mesure où l’art imite la nature autant que la nature imite l’art. « Je substitue l’art à la nature pour en bien juger », écrivait Diderot dans le Salon de 1767. Philippe Comar possède les traits d’un encyclopédiste contemporain. Contre nature donc. Tout près et à distance. En captant sur le papier ce que le regard dessine, le grand œuvre de Philippe Comar, dans la permanence de son dessein et la multiplicité des approches, s’apparente à un inventaire raisonné et sensible du monde.