Vendredi 15 décembre 2017

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La villa Tamaris Pacha : la volonté d’un homme audacieux et novateur

Blaise Jean Marius Michel dit Michel Pacha

Natif de Sanary sur mer, Blaise Jean Marius dit Michel Pacha, est issu d’une prestigieuse lignée de capitaines marins. En 1835, alors qu’une épidémie de choléra menace Marseille, son père Antoine décide de l’embarquer avec lui comme mousse, sur le Stationnaire, vaisseau qu’il commande à Toulon. Le jeune homme gravit les échelons avec une rapidité exemplaire qui stupéfie ses instructeurs. A la fin de son service actif il s’engage dans la marine marchande où il fait carrière. Le 15 Mai 1844 il obtient le brevet de Capitaine au long cours par décision ministérielle ; dix ans plus tard, il est promu directeur général des phares de l’Empire ottoman. Pour son œuvre dans le domaine des ports et des phares de la Turquie, en mer Noire, en mer Egée, en Méditerranée, et à Constantinople, le sultan élève le commandant Michel à la dignité de « Pacha ». De retour dans sa province natale, il entreprend d’aménager le quartier de la Seyne appelé Tamaris dont George Sand après y avoir séjourné trois mois écrit : « On dit que c’est plus beau que le Bosphore et je le crois de confiance, car je n’ai jamais rien rêvé de pareil ; Tamaris c’est une ville de Grèce, non, c’est une colline dans des grandes déchirures de la côte toulonnaise, à deux pas de Mar-Vivo ».

Un projet ambitieux

Doté d’une fortune sans doute considérable, Michel Pacha forme le dessein d’établir à Tamaris, une station d’un genre oriental qui accueillerait les riches hivernants désireux de venir se reposer dans cet endroit agréable abrité du mistral. En 1880, il négocie avec les propriétaires locaux et acquiert pour une modique somme diverses parcelles englobant toute une zone de terrasses, de collines et de bois aux lieux dits Le Crotton, Tamaris, Balaguier, La Rouve et le Manteau. Michel Pacha édifie alors une cinquantaine de villas à l’architecture élégante, aux endroits voisins du bord de mer ; résidences qu’il entoure de parcs aux essences exotiques et variées telles qu’on les voit sur les bords du Bosphore. Pour desservir convenablement cet ensemble nouveau, il établit une ligne de bateaux à vapeur pour passagers. Ce service maritime permet d’assurer des relations régulières entre la station et Toulon.

La Villa Tamaris Pacha

La « grande maison » comme l’appelle la tradition orale, fait partie du projet ambitieux de Blaise Jean-Marius Michel. Il semble que ce dernier l’aurait fait construire pour sa première épouse, Marie-Louise Séris et aurait interrompu les travaux en 1893, après le décès de celle-ci. Restée inachevée, elle est réhabilitée en 1991 par la municipalité de la Seyne-sur-mer. A partir de 1995, elle devient Villa Tamaris Centre d’Art. En décembre 2003 elle est transférée à la Communauté d'Agglomération Toulon Provence Méditerranée en tant que site de référence pour les arts plastiques.

Références bibliographiques :

Tamaris entre Orient et Occident , Natalie Durand, édition Actes Sud, Mai 2003.

Michel Pacha (1819-1907) Enfant de Sanary – Créateur de Tamaris,
Georges Ortolan Groupe de Recherche Action sur l’identité Culturelle des Habitants de La Seyne-sur-mer -1984-

Histoire générale de la Seyne-sur-mer,
Louis Baudoin de l’académie du Var et de l’Institut Historique de Provence. 1965

Le lieu

Un environnement exceptionnel

Perchée sur les hauteurs de la colline Tamaris, entourée de pins parasols, la Villa domine la baie du Lazaret où s’étendent les parcs d’élevage des moules de Toulon.
A travers les fenêtres des salles d’expositions du troisième étage, les visiteurs profitent d’une vue imprenable sur la presqu’île de ST Mandrier et sur la grande rade.

Des proportions palatiales

Comme la plupart des demeures édifiées par Blaise Jean-Marius Michel, la villa profite d’une architecture à la fois imposante et raffinée. Cependant, à l’inverse des autres constructions, elle présente un plan compact et régulier et ses proportions la rapprochent plus d’un modèle palatial que d’une villa balnéaire. Construite sur une surface de 3700 m2 selon une structure parallélépipédique elle domine de sa masse le haut de la colline. L’intérieur du bâtiment bénéficie également d’espaces aérés et conséquents. Le centre d’art dispose ainsi de salles d’exposition exceptionnelles d’une superficie de 1700 m2. Une terrasse prolonge le rez-de-chaussée sur la façade sud.

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